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Prévention incendie
1/ Les incendies de forêt dans les Pyrénées-Orientales Le feu à titre d’instrument ou de fléau a toujours accompagné, au fil des siècles, les sociétés rurales méditerranéennes. Malheureusement il existe peu d’écrits anciens relatifs aux incendies de forêts, par contre, de nombreuses études scientifiques attestent que nos territoires méditerranéens ont été, au fil des siècles, le théâtre d’incendies. Pour le département des Pyrénées orientales, on commence à retrouver des traces écrites sur les incendies dans les archives départementales à partir du début du XX° et ce jusqu'au début des années 60, avec une absence de données sur une période allant de 1941 à 1959. Pour l’ensemble du département, sur la période de 1923 à 1941, il a été comptabilisé plus de 10 000 ha incendiés dont quasiment la moitié dans le périmètre des communes d’Argeles, de l’Albére, de Valmanya, de Banyuls sur mer, de Millas et de Vives. En nous référant à la base de données Prométhée, de 1973 à aujourd’hui, les Pyrénées Orientales ont été parcourues par 3 719 incendies qui ont couvert plus de 50 179 ha.
Des Feux de références : Plusieurs feux ont marqué la mémoire collective de la population locale, les principaux au cours de ces 30 dernières années restent les suivants : • Le feu des Aspres éclos le 28 juillet 1976 a parcouru plus de 6 600 ha. Cet incendie est considéré comme le feu de référence. Il a eu pour effet de mettre en évidence les carences en terme de lutte et de prévention. Suite à la remise en cause de la politique appliquée jusque là, il a été le déclencheur d’une réelle prise de conscience politique sur la nécessité d’aménager le terrain afin de réduire la vulnérabilité du territoire et de sécuriser les équipes de secours. • Le feu des Albères du 21 juillet 1986 a eu la particularité d’éclore au Perthus, de se propager par Tramontane en territoire espagnol, de s’y développer et de ressortir par vent de sud au Col de Banyuls où il devait y parcourir plus de 1 500 ha sur le territoire français. • Le feu de Port-Vendres du 27 août 2000 a mis en évidence l’intérêt des coupures viticoles et l’utilisation des moyens aériens devenue aujourd’hui un outil indispensable de la lutte contre les feux de forêt. • Le feu de Rodes du 22 août 2005 éclos sur le territoire de Tarerach, a dans sa progression menacé le village de Rodes, pour finir sa course sur le territoire de Bouleternére après avoir parcouru une surface de 1 950 ha. Il a marqué l’opinion publique pour plusieurs raisons : La première provient du fait que le département n’avait pas connu d’incendie de cet ampleur depuis plus de 15 ans, la seconde du fait que le village de Rodes a été évacué et la Route Départementale coupée durant plus de 10 h, et enfin la troisième du fait qu’en sautant le col de Ternere il a continué sa course et gravement menacé le massif des Aspres, ravivant les souvenirs du feu de juillet 76.
Une forte influence de la Tramontane : L’éclosion et le développement d’un incendie est étroitement lié à la présence de vent qui intervient de la manière suivante : La Tramontane d’orientation Nord- Nord-ouest, est pour le département, à l’exception de la Cerdagne, le Capcir, le Haut Conflent et le Haut Vallespir, le vent dominant. Il souffle en moyenne à plus de 30 km/heure, 2 jours sur 5 sur le département, avec une fréquence significative durant l’été où le risque sécheresse est le plus probable.
► Des formations plus sensibles : Généralement de l’étage de végétation du Thermo et du Meso-Méditerranéen : Une analyse cartographique réalisée par Syndicat des Forestiers Privés des Pyrénées Orientales concernant le type de formation végétale parcouru par les 2/3 des incendies de 74 à 2003 dont le périmètre était connu donne le résultat suivant : Le maquis-garrigue non boisé et boisé, les pelouses-landes et les subéraies ressortent comme les formations les plus touchées par les incendies. En effet plus 83 % de la surface des incendies cartographiés se localise dans ces formations ouvertes et semi forestières. Par contre ce sont les formations de type « subéraie » et « Maquis-garrigues non boisés » qui semblent avoir payées le plus lourd tribut au feu de forêt puisqu’au niveau départemental, 34 % de la subéraie et 28% du maquis non boisé ont été au moins une fois parcourus par un incendie, au cours de ces 30 dernières années.
► Les principales caractéristiques des incendies • La saison et les feux : (Source données PROMETHEE 74 à 2003).
Si les feux estivaux sont souvent les plus dévastateurs (50 % des éclosions pour 75% de la surface incendiée), le risque au cours des autres saisons ne doit pas être pour autant sous-estimé : les feux printaniers et hivernaux représentent un peu plus du tiers des éclosions annuelles et le cinquième de la surface incendiée. • Les heures d’éclosion : des mises à feu diurnes De 22 h à 10 h : 13,2% du nombre d’incendies
L’analyse des causes dans le dernier PDPFCI portant sur 45% des feux éclos de 1973 à 2003 dans le département, nous livre les résultats suivants :
L’imprudence qu’elle soit grand public ou professionnelle ressort comme une cause significativement importante, suivi de prés par la malveillance.
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