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Historique de la Réserve

 

La genèse de la création de la Réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls sur Mer remonte à 1969, année où le maire de Cerbère, inquiet de la dégradation de cette partie de la Côte Vermeille par l'afflux du phénomène touristique et par l'augmentation de l'effort de pêche, se mit à étudier avec la collaboration du directeur du laboratoire Arago la possibilité de protéger une partie de la côte rocheuse.

Les Pyrénées-Orientales peuvent s'énorgueillir d'avoir contribué à la création de la première réserve marine française.

Officiellement née le 26 février 1974, à l'initiative des deux communes riveraines, elle s'étend sur 6,5 km et couvre 650 ha de mer entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère, juste au nord de la frontière espagnole.

C'est le seul secteur rocheux du littoral du Languedoc-Roussillon.

Elle est l'unique réserve naturelle exclusivement marine de France.

 


 

Rôle de la réserve

Une réserve naturelle, garantit la protection et la diversité, non seulement des espèces animales et végétales, mais aussi du milieu naturel dans lequel elles vivent.

Cependant, la protection de l'environnement ne siginifie pas la fermeture de ce dernier.

C'est pourquoi la présence de l'Homme est réglementée en conciliant au mieux la protection et l'utilisation de la zone. L'objectif est de limiter et réduire le dérangement des espèces au sein de la réserve et de favoriser la restauration du milieu. Afin de sauvegarder notre patrimoine naturel, la compréhension et la conscience de tous restent nécessaires.

Seul, un véritable engagement mutuel pourra faire perdurer la préservation des écosystèmes.


 

Les raisons de sa création :

D’aussi loin qu’on s’en souvienne, l’Homme de la côte rocheuse catalane a toujours été pêcheur et vigneron. Il ne tirait de la mer que ce qui était nécessaire à son quotidien. Qui plus est, les moyens mis en œuvre pour la pêche, strictement réglementés par la Prud’homie de pêche locale, n’étaient pas destructeurs. Dès le milieu du 20ème siècle, divers évènements ont mis en péril les équilibres écologiques locaux :

  • le développement du tourisme et des loisirs a entraîné une augmentation de l’effort de pêche par les pêcheurs à la ligne et la chasse sous-marine, une pression croissante de la navigation de plaisance et de la plongée autonome : il en est résulté un dépeuplement des fonds dont la faune et la flore étaient en outre fragilisés par un accroissement de la pollution domestique dont les effluents étaient le plus souvent directement déversés en mer. L’utilisation, pour le carénage des bateaux, de peintures anti-salissures hautement toxiques, le rejet en mer des huiles de vidange des moteurs marins ont aussi contribué à la dégradation du milieu.
  • alors que la pêche professionnelle était longtemps demeurée très artisanale (petits chalutiers faiblement motorisés), le retour en métropole de pêcheurs rapatriés d’Algérie à partir de 1962 allait radicalement modifier et moderniser la profession et les moyens mis en œuvre. La course à l’armement et à la rentabilisation de l’outil de travail a même induit quelques dérapages tels que le chalutage à proximité des côtes et en toutes saisons, même celles de reproduction des poissons.

Dès 1965, la municipalité de Cerbère initiait le projet auquel s’associait très vite celle de Banyuls-sur-Mer.

En 1971, le Laboratoire Arago présentait un « rapport scientifique justificatif en vue de la création d’une réserve biologique marine » qui soulignait la nécessité de protéger certaines espèces particulièrement menacées.

La première réserve naturelle marine a donc été créée par l’arrêté interministériel du 26 février 1974. Interministériel car il associait les signatures du Ministre des Transports, qui avait la Mer dans ses attributions, et celle du premier Ministre de l’Environnement français.

Ce statut de pionnier dans la protection de l’environnement marin a permis d’innover en matière législative, mais trop de régimes dérogatoires aux dispositions réglementaires ont affaibli le statut de la réserve. Il fut décidé de mettre en place au cœur de l’espace protégé une « super réserve »

C’est ainsi que, le 10 août 1978, le Préfet Maritime pour la Méditerranée prenait, avec l’accord de la Prud’homie de pêche de Banyuls, un arrêté instaurant le « cantonnement à but scientifique du cap Rédéris » : la réserve intégrale était née !

Vers 1986-1987, une modification de la « réglementation internationale sur le jaugeage des navires » a rendu obsolète l’article 5 de l’arrêté de 1974 concernant l’exercice de la pêche professionnelle : un toilettage de la réglementation de la réserve devenait nécessaire.

Le décret 90-790 du 6 septembre 1990, qui annule et remplace l’arrêté de 1974, est le fruit de larges concertations avec les administrations nationales et locales concernées, les scientifiques et les divers usagers du site.

Ce décret est une étape importante dans la vie de la réserve car non seulement il instaure une nouvelle gouvernance dans la gestion des espèces du site en y impliquant plus étroitement les usages et usagers, mais encore il pérennise la « zone de protection renforcée » du cap Rédéris.


 

Les objectifs de la réserve :

Cependant, les objectifs que désiraient atteindre les auteurs de cette réserve ne changèrent pas pour autant :

  • faire participer les usagers du domaine marin à la protection de ce milieu et de son repeuplement ; puisque le but principal de cette réserve était de restaurer le patrimoine local, c'està dire de permettre aux espèces menacées de retrouver leur densité naturelle et un taux normal de reproduction.
  • être un outil de travail pour des recherches scientifiques.
  • avoir un intérêt pédagogique et culturel pour sensibiliser le public (accueil de classes, de groupes).
  • procurer un avantage économique : accroître l'intérêt des touristes pour cette côte.
  • augmenter la rentabilité de la pêche des petits métiers.


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