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Prieuré de Serrabone

 


 

Contact et renseignements

Prieuré de Serrabona
66130 BOULE D'AMONT
04 68 84 09 30
04 68 84 80 97

 

Horaires d'ouverture
Ouvert tous les jours de 10h à 17h30

Tarifs :
1 adulte : 3€
Enfants - 12 ans : gratuit
12-18 ans, étudiants, groupes (à partir 10), seniors : 2€

Visite libre ou commentée sur réservation.


Attention :
les autocars ne peuvent pas dépasser 11,40 mètres de long (route étroite).
Pour plus d'informations, appelez le 04 68 84 09 30

Fermé : le 01/01, 01/05, 01/11 et 25/12


 

Le chef d'oeuvre de l'art roman

Situé dans la vallée du Boulès au coeur des forêts de chêne-verts, Sainte-Marie de Serrabona (Serra bona : la bonne montagne) est une église fondée eau Xè s. ou au XIè s., qu'on trouve citée dans les archives à partir de 1069. En 1082, sous le patrnage de seigneurs locaux et du vicomte de Conflent, qui lui donnent des biens et des revenus, l'installations d'une communauté y est décidée, suivant la règle de Saint Augustin.



Un désaccord surgit alors entre les fondateurs et l'évêque d' Elne, révélateur des tensions engendrées par la "réforme grégorienne", qui voudrait soustraire les fonctions religieuses de l'autorité des laiques. L'évêque entend se réserver la nomination du priuer, mais les riches fondateurs refusent. Un compromis est trouvé, seuls les chanoines éliront leur chef.
Les religieux augustins mènent une vie communautaire, comme des moines, mais assurent aussi le service paroissail. Dans la première moitié du XIIè s., à côté de l'église, ils construisent des lieux qui leur sont propres : cloître, salle capitulaire, réfectoire, dortoir... et dotent le prieuré d'une parure sculptée.
70 ans 'écoulent avant que l'église rurale ne se transforme en prieuré. En 1511 a lieu la consécration u nouvel édifice, en présence d'évêques et d'abbés. L'évocation de cette cérémonie est matérialisée par des croix gravées dans les murs de la nef et de l'abside.
La grande crise économique et démographique du XIVè s. amorce le déclin du prieuré.
A l'affaiblissement des ressources s'ajoute le manque de discipline. La vie en communauté a laissé place à des cellules individuelles. En 1448, un preur est déposé pour des "crimes énormes" dont nous ignorons la nature.
En 1592, tous les priurés augustins d'Espagne sont supprimés. Un an plus tard, le prieuré et ses biens sont donné au nouveau diocèse de Solsona, en Catalogne, qui le conservera jusqu'en 1896. L'application de cette décision est affective en 1612 à la mort de Jaume Serra, dernier prieur de Serrabona.



L'église Sainte Marie reste pendant deux siècles la paroisse du petit village de Serrabona.
On signale que bergers et troupeaux se réfugient occasionnellement dans le cloître ou l'église. En 1819 un effondrement partiel de la nef se produit. En 1822 la commune de Serrabona, pauvre et dépeuplée, est supprimée.
Remarquée par les archéologues, ele est visitée par Mérimée en 1834 : elle devient l'un des tout prmiers "monuments historiques".

 

A partir de 1836 les premiers travaux de consolidation sont réalisés, complétés au XXè s. par de nombreuses campagnes de restauration qui vont assurer le sauvetage définitif d el'édifice. Offert au Département des Pyrénées-Orientales par la famille Jonquères d' Oriola en 1968, le Prieuré de Serrabona est depuis cette date ouvert au public.


 

Un peu d'architecture



La première église de Serrabona était constituée d'une nef unique, voûtée en berceau brisé. L'implantation de la communauté de chanoines entraîne au XIIè s. un important chantier de transformation. Le chevet primitif est remplacé par un transept et trois absides. Une abside majeure, saillante à l'extérieur, est flanquée de deux absidioles encloses dans les murs. Les bâtisseurs ont aussi élevé une deuxième nef au nord et un clocher; au sud, une galerie cloître et un bâtiment en angle comprenant trois salles superposées.
Les murs épais de la nef sont construits en schistes local débité en moellons allongés. L'appareillage de la seconde construction est plus élaboré, constitué de gros blocs de schiste taillés et ajusté avec soin. A Serrabona, les sculptures du cloître, du portail, de la fenêtre absidiale et de la tribune sont entièrement ouvragées en marbre roose du Conflent. Elles font un contratse étonnant avec le vert-gris du schiste.



Une particularité - La Tribune
La tribune est considérée comme l'exemple le plus remarquable de travail de sculpture pour l'époque romane en Pays Catalan. La qualité du matériau, le marrbre du Conflent, contribue à magnifier le chef d'oeuvre des artistes sans nom qui l'ont faite, sans doute peu avant 1150.
Trois arcades surmontées d'une corniche composent la façade. Son aspect ciselé en faible relief s'oppose aux chapiteaux en ronde-bosse.



La façade reprend dans son décor les symboles chrétiens tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons des arcs. A l'extrêmité, deux anges aux mains ouvertes, leurs ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de l'aigle de Jean. A l'opposé, le taureau symbole de Luc, voisine l'homme ailé de Mathieu. Ces quatre représentations entourent l'image du Christ, représenté sous les traits de l'AGneau disposé dans une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié, de palmettes, de rose à quatre pétales et de rinceaux occupe la surface.

 




Une différence de qualité est à relever, entre l'aigle et le lion, d'une part et le taureau et l'homme, de l'autre. Cette remarque se renouvelle pour les sculpture des deux piliers soutenant la façade. Ils ont cependant une même composition et des sujets voisins, un peu énigmatiques.
A l'exception d'un chapiteau mettant en scène Saint Michel terrassant le dragon, la sculpture de Serrabona n'est pas narrative, mais symbolique.
Des lions occupent es angles des chapiteaux, des aigles, des singes et d'autre snaimaux fantastiques complètent ce bestiaire étonnant.
Certains aspects de ce décor sculpté montrent que les artistes de l'époque romane ont puisé aux sources d'inspiration issues des échanges culturels de l'ensemble du pourtour méditerranéen.


 

Plans du Prieuré

1- L'accueil : une des trois salles du bâtiment de la communauté.

2- Le cloître : constitué d'une seule galerie orientée plein sud. Il est rythmé par trois piliers séparant des séries d'arcades. Le décor sculpté se déploie sur les huit couples de chapiteaux en marbre. Face à cet ensemble, un enfeu (c'est à dire : un tombeau placé sous une arcade) orné de fresques.
On remarque l'activité de sculpteurs différents travaillant ensemble : les chapiteaux intérieurs sont une exécuton plus habile que les extérieurs. L'utilisation du trépan (foret actionné par un arc) permetait de perforer le marbre.

3- Le transept : vaisseau transversal qui coupe la nef principale et donne à l'église sa forme de croix.

4- L'abside et les absidioles sont perçées de fenêtres à double brasement, ouvrant vers l'est. Celle de l'abside est ornée d'une décoration en marbre : deux colonnes et deux chapiteaux soutiennent un tore.

5- La nef : elle est voûtée en berceau brisé. Elle a conservé sur un de ses murs, un lambeau de fresque. La scène représente une Descente de c>roix, on devine le corps du Christ placé dans l'alignement de la fenêtre ouverte au Sud. La plupartdes murs de l'église devait être peinte de la même façon.

6- Nef latérale : il est probable que cette nef était celle qui servait pour les paroissiens de Serrabona. Le baptistère conservé rappelle cette destination.

7- Le portail : constitué d'un arc plein cintre est orné d'un tore en marbre reposant sur deux colonnes aux chapiteaux ouvragés. Ces chapiteaux, malheureusemnt volés en 2000, ont été remplacés par des copies.

8- La tribune : elle divise la nef en deux parties, l'une réservée aux chanoines, l'autre accessible aux fidèles. La plate-forme avec sa balustrade incomplète accueillait le choeur de chant.

9- La tour clocher : est haute de 18 mètres.
Un toit en batière (c'est à dire : à double pente) le couvre. Autour du prieuré, les allées et les sentiers du jardin méditerranéen invitent à la découverte de la flore catalane.


Lexique :

Prieuré : monastère dirigé par un prieur, il peut dépendre d'une abbaye ou être autonome.
Ecoinçon : triangle courbe compris entre deux arcs juxtaposés.
Rinceau : ornement fait d'une tige ondulée garnie de feuilles stylisées.
Mandorle : auréole en forme d'amande
.Ronde-bosse : sculpture isolée qui se détache de son support.
Claveau : élément d'un arc.
Tore : arc formé de claveaux cylindriques décorant une voussure.


 

Visite imagée du Prieuré

Photo visible en cliquant sur le carré


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