Horaires d'ouverture
Ouvert tous les jours de 10h à 17h30
Tarifs :
1 adulte : 3€
Enfants - 12 ans : gratuit
12-18 ans, étudiants, groupes (à partir 10), seniors : 2€
Visite libre ou commentée sur réservation.
Attention : les autocars ne peuvent pas dépasser 11,40 mètres de long (route étroite).
Pour plus d'informations, appelez le 04 68 84 09 30
Fermé : le 01/01, 01/05, 01/11 et 25/12
Le chef d'oeuvre de l'art roman
Situé dans la vallée du Boulès au coeur des forêts
de chêne-verts, Sainte-Marie de Serrabona (Serra bona : la bonne montagne)
est une église fondée eau Xè s. ou au XIè s., qu'on
trouve citée dans les archives à partir de 1069. En 1082, sous
le patrnage de seigneurs locaux et du vicomte de Conflent, qui lui donnent
des biens et des revenus, l'installations d'une communauté y est décidée,
suivant la règle de Saint Augustin.
Un désaccord surgit alors entre les fondateurs et l'évêque
d' Elne, révélateur des tensions engendrées par la "réforme
grégorienne", qui voudrait soustraire les fonctions religieuses
de l'autorité des laiques. L'évêque entend se réserver
la nomination du priuer, mais les riches fondateurs refusent. Un compromis
est trouvé, seuls les chanoines éliront leur chef.
Les religieux augustins mènent une vie communautaire, comme des moines,
mais assurent aussi le service paroissail. Dans la première moitié du
XIIè s., à côté de l'église, ils construisent
des lieux qui leur sont propres : cloître, salle capitulaire, réfectoire,
dortoir... et dotent le prieuré d'une parure sculptée.
70 ans 'écoulent avant que l'église rurale ne se transforme en
prieuré. En 1511 a lieu la consécration u nouvel édifice,
en présence d'évêques et d'abbés. L'évocation
de cette cérémonie est matérialisée par des croix
gravées dans les murs de la nef et de l'abside.
La grande crise économique et démographique du XIVè s.
amorce le déclin du prieuré.
A l'affaiblissement des ressources s'ajoute le manque de discipline. La vie
en communauté a laissé place à des cellules individuelles.
En 1448, un preur est déposé pour des "crimes énormes" dont
nous ignorons la nature.
En 1592, tous les priurés augustins d'Espagne sont supprimés.
Un an plus tard, le prieuré et ses biens sont donné au nouveau
diocèse de Solsona, en Catalogne, qui le conservera jusqu'en 1896. L'application
de cette décision est affective en 1612 à la mort de Jaume Serra,
dernier prieur de Serrabona.
L'église Sainte Marie reste pendant deux siècles la paroisse
du petit village de Serrabona.
On signale que bergers et troupeaux se réfugient occasionnellement dans
le cloître ou l'église. En 1819 un effondrement partiel de la
nef se produit. En 1822 la commune de Serrabona, pauvre et dépeuplée,
est supprimée.
Remarquée par les archéologues, ele est visitée par Mérimée
en 1834 : elle devient l'un des tout prmiers "monuments historiques".
A partir de 1836 les premiers travaux de consolidation sont réalisés,
complétés au XXè s. par de nombreuses campagnes de restauration
qui vont assurer le sauvetage définitif d el'édifice. Offert
au Département des Pyrénées-Orientales par la famille
Jonquères d' Oriola en 1968, le Prieuré de Serrabona est
depuis cette date ouvert au public.
Un peu d'architecture
La première église de Serrabona était constituée
d'une nef unique, voûtée en berceau brisé. L'implantation
de la communauté de chanoines entraîne au XIIè s. un important
chantier de transformation. Le chevet primitif est remplacé par un transept
et trois absides. Une abside majeure, saillante à l'extérieur,
est flanquée de deux absidioles encloses dans les murs. Les bâtisseurs
ont aussi élevé une deuxième nef au nord et un clocher;
au sud, une galerie cloître et un bâtiment en angle comprenant
trois salles superposées.
Les murs épais de la nef sont construits en schistes local débité en
moellons allongés. L'appareillage de la seconde construction est plus élaboré,
constitué de gros blocs de schiste taillés et ajusté avec
soin. A Serrabona, les sculptures du cloître, du portail, de la fenêtre
absidiale et de la tribune sont entièrement ouvragées en marbre
roose du Conflent. Elles font un contratse étonnant avec le vert-gris
du schiste.
Une particularité - La Tribune
La tribune est considérée comme l'exemple le plus remarquable
de travail de sculpture pour l'époque romane en Pays Catalan. La qualité du
matériau, le marrbre du Conflent, contribue à magnifier le chef
d'oeuvre des artistes sans nom qui l'ont faite, sans doute peu avant 1150.
Trois arcades surmontées d'une corniche composent la façade.
Son aspect ciselé en faible relief s'oppose aux chapiteaux en ronde-bosse.
La façade reprend dans son décor les symboles chrétiens
tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons
des arcs. A l'extrêmité, deux anges aux mains ouvertes, leurs
ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de
l'aigle de Jean. A l'opposé, le taureau symbole de Luc, voisine l'homme
ailé de Mathieu. Ces quatre représentations entourent l'image
du Christ, représenté sous les traits de l'AGneau disposé dans
une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié,
de palmettes, de rose à quatre pétales et de rinceaux occupe
la surface.
Une différence de qualité est à relever, entre l'aigle
et le lion, d'une part et le taureau et l'homme, de l'autre. Cette remarque
se renouvelle pour les sculpture des deux piliers soutenant la façade.
Ils ont cependant une même composition et des sujets voisins, un peu énigmatiques.
A l'exception d'un chapiteau mettant en scène Saint Michel terrassant
le dragon, la sculpture de Serrabona n'est pas narrative, mais symbolique.
Des lions occupent es angles des chapiteaux, des aigles, des singes et
d'autre snaimaux fantastiques complètent ce bestiaire étonnant.
Certains aspects de ce décor sculpté montrent que les artistes
de l'époque romane ont puisé aux sources d'inspiration issues
des échanges culturels de l'ensemble du pourtour méditerranéen.
Plans du Prieuré
1- L'accueil : une des trois salles du bâtiment
de la communauté.
2- Le cloître : constitué d'une seule galerie orientée
plein sud. Il est rythmé par trois piliers séparant des
séries
d'arcades. Le décor sculpté se déploie sur les huit couples
de chapiteaux en marbre. Face à cet ensemble, un enfeu (c'est à dire
: un tombeau placé sous une arcade) orné de fresques.
On remarque l'activité de sculpteurs différents travaillant ensemble
: les chapiteaux intérieurs sont une exécuton plus habile que les
extérieurs. L'utilisation du trépan (foret actionné par
un arc) permetait de perforer le marbre.
3- Le transept : vaisseau transversal qui coupe la nef principale
et donne à l'église
sa forme de croix.
4- L'abside et les absidioles sont perçées de fenêtres à double
brasement, ouvrant vers l'est. Celle de l'abside est ornée d'une décoration
en marbre : deux colonnes et deux chapiteaux soutiennent un tore.
5- La nef : elle est voûtée en berceau brisé. Elle
a conservé sur un de ses murs, un lambeau de fresque. La scène
représente une Descente de c>roix, on devine le corps du Christ
placé dans l'alignement de la fenêtre ouverte au Sud. La
plupartdes murs de l'église devait être peinte de la même
façon.
6- Nef latérale : il est probable que cette nef était
celle qui servait pour les paroissiens de Serrabona. Le baptistère conservé rappelle
cette destination.
7- Le portail : constitué d'un arc plein cintre est orné d'un
tore en marbre reposant sur deux colonnes aux chapiteaux ouvragés. Ces
chapiteaux, malheureusemnt volés en 2000, ont été remplacés
par des copies.
8- La tribune : elle divise la nef en deux parties, l'une réservée
aux chanoines, l'autre accessible aux fidèles. La plate-forme avec sa
balustrade incomplète accueillait le choeur de chant.
9- La tour clocher : est haute de 18 mètres.
Un toit en batière (c'est à dire : à double pente) le
couvre. Autour du prieuré, les allées et les sentiers du jardin
méditerranéen invitent à la découverte de la flore
catalane.
Lexique :
Prieuré : monastère dirigé par un prieur, il peut dépendre
d'une abbaye ou être autonome.
Ecoinçon : triangle courbe compris entre deux arcs juxtaposés.
Rinceau : ornement fait d'une tige ondulée garnie de feuilles stylisées.
Mandorle : auréole en forme d'amande
.Ronde-bosse : sculpture isolée qui se détache de son support.
Claveau : élément d'un arc.
Tore : arc formé de claveaux cylindriques décorant une voussure.
Visite imagée du Prieuré
Photo visible en cliquant sur le carré
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