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Actualité
Conférence
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Conférence : Site archéologique de NEGABOUS
et son contexte roussillonnais
Samedi 29 novembre 2008
à 14h30
Entrée libre
Conseil Général - 30 rue Pierre Bretonneau, porte d'Espagne
Perpignan
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Nouvelle publication
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Vient de paraître le résultat des fouilles initiées par Georges Castellvi sur le site du Trophée de Pompée à Panissars (Le Perthus) et menées conjointement avec nos collègues sud-catalans Josep Maria Nolla et Isabel Rodà.
« Le trophée de Pompée dans les Pyrénées » ,
sous la direction de Georges Castellvi, Josep Maria Nolla et Isabel Roda, Supplément à Gallia, Tome n°58 |
Monument triomphal élevé « au sommet des Pyrénées » (Summus Pyrenaeus), à la jonction des voies Domitienne et Augustéenne, le trophée de Pompée marquait dans l’Antiquité la frontière entre la Gaule et l’Hispanie. Il est ainsi localisé par Salluste, Strabon, Pline l’Ancien, Dion Cassius et Exuperantius.
Au lendemain des guerres sertoriennes (71 av. J.-C.), Pompée inaugurait ainsi une nouvelle conception du trophée gréco-romain : délaissant le site de la victoire décisive, il choisit plutôt d’implanter son trophée à l’entrée du pays reconquis, l’Hispanie. Sa forme architecturale devait s’inspirer des grands monuments turriformes hellénistiques, pour la plupart aujourd’hui disparus (trophées, mausolées, phares), peut être des réalisations mêmes d’Alexandre le Grand à qui Pompée se comparait volontiers. Seul trophée républicain de ce genre, très partiellement conservé mais restituable, il a vraisemblablement servi de modèle au trophée des Alpes à La Turbie (Alpes-Maritimes), élevé en l’honneur d’Auguste (7-6 av. J.-C.). Le monument de Panissars apparaît donc comme un maillon essentiel dans la connaissance des trophées de la fin de la République romaine.
Cependant, isolé dans la campagne, il subit les outrages du temps et des hommes, exploité en carrière principalement pour la construction et les restaurations des Clausurae, forteresses établies durant l’Antiquité tardive à 3,5 km en aval sur le versant gaulois. Dépouillé jusqu’aux fondations à la fin du IVe s. apr. J.-C., il perdit une nouvelle partie de ses blocs en grand appareil au XIe s., lors de la construction sur ses ruines d’une église dédiée à sainte Marie, qui accompagnait l’installation d’une communauté villageoise, mentionnée dès le IXe s. Avec ses fondations arasées dès le IVe s., puis remployées sous et dans les constructions médiévales, le trophée disparut très tôt de la mémoire collective au point qu’aucun toponyme n’en a conservé le souvenir.
Vers 1097, le site devint le siège d’un prieuré bénédictin qui, établi à l’entrée de la péninsule Ibérique, servit de halte sur le « chemin de Saint-Jacques » entre Perpignan et La Jonquera (présence d’une avant-nef ouverte).
Avec l’établissement de la frontière franco-espagnole et la militarisation des lieux au lendemain du traité des Pyrénées (1659), le site fut transformé en carrière et les blocs de parement encore en place sur la face est, qui avaient été intégrés dans l’église, furent récupérés pour la construction du fort de Bellegarde (0,5 km à l’est).
L’endroit n’était plus qu’un amas de ruines à la fin du XVIIe s. et le resta jusqu’aux premiers travaux de déblaiement en 1983, à l’initiative de l’association culturelle « Salvaguarda » et de la fédération des chantiers « REMPART ». Les fouilles entreprises par la suite (1984) permirent d’identifier aux vestiges du trophée de Pompée les fondations romaines à nouveau visibles (tranchées taillées dans le rocher, blocage maçonné et derniers blocs encore en place à l’angle nord est). Le site est aujourd’hui partagé entre la France (pour deux tiers) et l’Espagne (un tiers). Commencées sur le versant nord par l’équipe française en 1984 (sous la direction de G. Castellvi), les fouilles furent étendues en 1990 au territoire espagnol par l’équipe sud-catalane (sous la direction de J. M. Nolla et I. Rodà) puis achevées conjointement en 1993.
Cette monographie commune réunit ainsi les résultats des recherches de ces deux équipes auxquelles ont collaboré une quinzaine de spécialistes des deux versants pyrénéens.
- Georges CASTELLVI, membre associé à l’UMR 5140 (Archéologie des sociétés méditerranéennes) et à l’EA 2984-CRHiSM (Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes, Université de Perpignan), a notamment co-dirigé en 1997 la publication de la monographie Voies romaines du Rhône à l’Èbre : via Domitia et via Augusta (DAF, n° 61, éd. MSH).
- Josep Maria NOLLA est professeur d’Archéologie à l’université de Gérone. Il est auteur et co-auteur de nombreux ouvrages d’archéologie catalane (Ampurias, Gérone …).
- Isabel RODÀ est professeur d’Archéologie à l’université autonome de Barcelone. Spécialiste de l’épigraphie latine, elle est notamment co-auteur de la série des Inscriptions romaines de Catalogne (IRC). Elle dirige l’Institut catalan d’archéologie classique (ICAC, Tarragone).

Les nécropoles de Negabous à Perpignan

Télécharger la plaquette d'information
Le Conseil Général des Pyrénées-Orientales a démarré
en 2008 les travaux concernant la déviation de la route
départementale 900 qui constituera la rocade ouest
de Perpignan.
Ce projet d’aménagement est à l’origine d’une série d’opérations
archéologiques prescrites par le service régional de l’archéologie
(Drac Languedoc-Roussillon) et confiées à l’Inrap.
Ces interventions archéologiques préalables aux travaux
routiers ont mis au jour une nécropole protohistorique (IXe-VIe
siècles avant notre ère) dont l’ensemble est estimé à environ
300 tombes et une nécropole antique (ive siècle de notre ère)
dont le total de tombes est estimé à une quarantaine.
Avec près de 2 000 collaborateurs et chercheurs, l’Inrap est la plus
importante structure de recherche archéologique française et l’une des
toutes premières en Europe. Institut national de recherche, il réalise
l’essentiel des diagnostics archéologiques et des fouilles en partenariat
avec des aménageurs privés et publics : soit près de 2 500 chantiers par an
en France métropolitaine et dans les Dom.
Inrap Méditerranée
561 rue Étienne-Lenoir
Km Delta
30 900 Nîmes
tél. 04 66 36 04 07
www.inrap.fr
Sépultures romaines en cours de fouille
© Frédéric Vinolas, Inrap
en partenariat avec
le Conseil Général des
Pyrénées-Orientales
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Sauver les « archives du sol »
Une équipe Inrap est intervenue au printemps 2007 pour
effectuer le diagnostic sur l’emprise de la première phase des
travaux routiers qui empiète sur les communes de Perpignan
et de Saint-Estève. Ces recherches préliminaires avaient pour
objectif de repérer d’éventuels sites archéologiques grâce à des
tranchées réalisées à la pelle mécanique et dont la profondeur
variait selon le niveau d’apparition du substrat ou des vestiges
archéologiques.
La surface ouverte à l’aide des sondages
mécaniques représente 9,6 % des 78 963 m2 de l’emprise
concernée par les futurs travaux. Cette démarche de conciliation
permanente entre les nécessités respectives du développement économique et social, de la préservation du patrimoine et de la
recherche scientifique, est désormais mise en oeuvre de manière
systématique dans des zones considérées comme sensibles.
Ainsi, les découvertes réalisées par les équipes de l’Inrap
permettent d’ores et déjà d’appréhender plus finement le passé
protohistorique, antique et médiéval de la région.
(Les urnes funéraires
contiennent des cendres ou des offrandes)
© Jérôme Hernandez et Assumpcio Todelo i Mur, Inrap
Mémoires de la terre
À partir des vestiges mis au jour pendant la phase de diagnostic,
on sait que deux nécropoles séparées par un hiatus d’environ
1 000 ans et caractérisées par des rituels différents, ont occupé
une même zone sans apparemment se chevaucher.Les informations archéologiques et le mobilier recueilli sur
les 16 000 m2 à décaper pendant la campagne de fouilles
archéologiques qui a commencé début avril 2008, permettront
de reconstituer avec précision les pratiques et les gestes
funéraires de la nécropole à incinération protohistorique et du
cimetière à inhumation antique.
Pendant la phase finale de l’âge du Bronze et au début de
l’âge du Fer, les urnes contenant les cendres du défunt étaient
déposées dans des fosses en pleine terre, protégées par un
couvercle et parfois accompagnées de vases d’offrandes. Les
vases, non tournés, sont de fabrication locale. Dans les tombes
des personnes plus aisées, peuvent apparaître de petits objets en
bronze (rasoir, épingles…) et en fer (couteaux, bracelets…)
Terre de mémoires
A la fin de la période romaine, les pratiques funéraires se
caractérisent par l’inhumation dans des tombes de différents
types : cercueils de bois cloutés signalés par une tuile plate,
tombes à profil triangulaire (dites en bâtière) construites avec
des tuiles plates (tegulae) et dépose de la dépouille en pleine
terre, entourée de galets.
Cette nécropole se trouve à moins de 5 km de l’église paroissiale
de Saint-Estève où des fouilles faites pendant les années
1970 avaient mis au jour un habitat d’époque romaine. Les
prospections de surface et les découvertes fortuites dans la
commune de Saint-Estève, ont livré un nombre non négligeable
d’informations à rattacher à la période romaine, dans une
fourchette comprise entre le ier siècle avant notre ère et le
ive siècle de notre ère.
(Une tombe en galets partiellement bâtie)
On voit le mortier liant les galets sur une partie du bord de la tombe
© Cécile Dominguez et Jérôme Hernandez, Inrap
Aménagement :
Conseil général
Recherches archéologiques :
Inrap
Prescription et contrôle scientifique :
Service régional de l’archéologie,
Drac Languedoc-Roussillon
Responsable scientifique :
Assumpcio Todelo i Mur, Inrap

Fouilles archéologiques à l’église de Sant-Julia de Vallventosa (Corbère)

Après avoir restauré l'église Sant Pere del Bosc, édifice roman situé sur le territoire de Corbère, l'Association du Patrimoine des Deux Corbères s'est portée acquéreur à la fin des années 1990 des ruines de l'église Sant Julia de Vallventosa, nommées sur le cadastre « cortal d'en Brazet ».
Depuis cette date, l’Association du Patrimoine des Deux Corbères, présidée par Mme Pierrette Puigbert, a entrepris le dégagement puis la restauration de cette église.
L’église Sant Julia est mentionnée pour la première fois dans les textes anciens en 945. Possession de l’abbaye Saint-Michel de Cuxà, elle possède le statut d’église paroissiale et a probablement cristallisé autour d’elle un cimetière et un habitat. Les documents médiévaux concernant ce site sont ensuite assez rares mais un document daté de 1395 ne la mentionne plus que comme simple chapelle rurale. A cette date, elle a perdu son statut d’église paroissiale et l’embryon de village qui s’est peut-être formé à ses abords a probablement été abandonné au profit d’un regroupement autour du château de Corbère.

Le chantier en cours de fouille |

Dégagement des couvertures de schiste
scellant les tombes en coffre
Les archéologues du Pôle Archéologique Départemental / Conseil Général des Pyrénées-Orientales ont entrepris la réalisation de sondages archéologiques dans les ruines de l’église Sant Julia de Vallventosa. Ces sondages ont pour objectif de mieux comprendre le plan complexe de l’édifice afin de guider les travaux de restauration. Ils doivent également permettre de retrouver les vestiges de l’église primitive, celle mentionnée dans les textes au Xe siècle. |
La fouille porte également sur les abords de l’église, dans l’emprise de deux grandes tranchées ouvertes en 2001 par l’Association du Patrimoine des Deux Corbères afin de libérer le bâtiment de la terre qui était venue s’accumuler autour, suite à l’érosion de la butte qui la domine.
Dans ces tranchées, les archéologues du Conseil Général, qui interviennent sous le contrôle de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, ont mis au jour une partie du cimetière médiéval. En tout, une cinquantaine de tombes ont été fouillées et étudiées. Les défunts sont disposés dans des coffres imposants constitués de grandes dalles en schiste, fermés à leur tour par des dalles disposées à plat. Les corps, inhumés dans ces coffres, sont datés des XIe-XIIIe siècles. L’originalité de ce site réside dans la présence de nombreuses sépultures d’enfants, inhumés comme le veut la tradition au plus près du chevet de l’église. Ce regroupement des enfants dans l’un des endroits supposé les plus sacrés du cimetière avait objectif de favoriser leur ascension vers le paradis.
Les enfants sont presque tous enterrés sous des bâtières constituées de dalles en schiste reproduisant la forme d’une toiture. Ces bâtières, fréquentes à l’époque romaine, étaient à ce jour inconnues pour le Moyen Âge. |
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Fouille des coffres par les archéologues
du Conseil Général des Pyrénées-Orientales
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L’étude de ce cimetière et de l’église Sant-Julia livre des informations remarquables pour l’étude du peuplement à Corbère. Elle permet de mieux comprendre l’histoire de la formation du village de Corbère aux XIe-XIIe siècles dont le regroupement des paysans, au plus près du château, entraîne le déclin puis la désertion d’embryons de villages constitués autour des églises de Sant-Pere-del-Bosc et de Sant-Julia de Vallventosa.
Le résultat de ces fouilles sera présenté à la population de Corbère dans le cadre d’une conférence publique, organisée par le Conseil Général à l’automne 2008. |

Conseil Général des Pyrénées-Orientales
24, quai Sadi Carnot, 66009 - Perpignan Cedex - Tél. 04 68 85 85 85
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